Les mecs gays et bis ont les taux les plus élevés d'insatisfaction corporelle, de troubles alimentaires et d'exercice compulsif de tous les groupes. Ce n'est pas parce qu'il y a quelque chose qui cloche chez nous. C'est parce qu'on a grandi en nous disant qu'on était inférieurs parce qu'on était gays — et qu'ensuite, en arrivant dans les milieux gays, on a découvert que notre valeur y était largement mesurée par notre apparence.
C'est beaucoup de poids à faire porter à un corps.
Pourquoi le milieu est comme ça
Tu sais déjà comment ça marche. Les filtres sur les applis pour les types de corps. Tout un vocabulaire pour savoir qui est « dedans » et qui ne l'est pas. Certains looks sont mis en avant, tous les autres sont marginalisés. Ça ne sort pas de nulle part — une partie, ce sont des décennies de mecs gays qui se sont construits en adoptant l'hyper-masculinité comme armure, une partie, c'est la pub, une partie, c'est simplement ce qui arrive quand tu concentres beaucoup d'hommes attirés par d'autres hommes dans les mêmes espaces.
Rien de tout ça n'est de ta faute. Mais ça veut dire que la plupart d'entre nous ont absorbé le message que notre corps fait partie de notre valeur — et ce message est partout.
Quand ça va plus loin
Le trouble dysmorphique corporel (TDC) c'est quand tu es bloqué dans une boucle de pensées sur un défaut perçu que les autres ne voient vraiment pas. Ce n'est pas juste de l'insécurité — c'est intrusif, ça te prend du temps, et les paroles rassurantes n'y changent rien.
La dysmorphie musculaire est la version qui touche le plus les hommes : jamais assez musclé, peu importe combien tu t'entraînes. Prendre de la masse ne résout rien. L'objectif se déplace.
Ces deux troubles sont significativement plus présents chez les hommes gays et bis que dans la population masculine en général. Les signes à surveiller :
- Passer plus d'une heure par jour obsédé par ton apparence physique
- Éviter les situations sociales à cause de ça
- Vérifier compulsivement ton reflet dans les miroirs — ou les éviter complètement
- Atteindre ton « corps idéal » et ne ressentir aucun soulagement
Si tu te reconnais là-dedans : c'est traitable (la TCC fonctionne bien pour ça), et ça vaut la peine de prendre ça au sérieux. Ça rétrécit ta vie plus ça dure.
Ce qu'il faut savoir sur le corps et la valeur de soi
Voici la partie sur laquelle il est bon de s'arrêter : obtenir le corps que tu veux ne résout pas le problème de fond. Les mecs qui y arrivent le découvrent vite — l'objectif se déplace, ou l'anxiété se transfère simplement ailleurs. C'est parce que ce qui te pousse n'est pas un problème de corps.
Sur quoi est réellement basé ton sentiment de valeur ?
Si la réponse honnête est « mon apparence » — c'est construit sur quelque chose qui change, vieillit et se blesse. Et ça ne peut jamais t'apporter pleine satisfaction, car aucun changement physique ne répare un sentiment de façon permanente. Le besoin sous-jacent (se sentir désiré, apprécié, à sa place) est réel. Un corps est juste une mauvaise façon d'y répondre.
Le désir n'est pas la même chose que la valeur
Que plus de gens veuillent coucher avec toi ne te rend pas plus précieux. Le désir sexuel, c'est en partie l'apparence et en partie une centaine d'autres choses qui n'ont rien à voir avec qui tu es.
Certains des gens les plus épanouis et connectés que tu rencontreras ont des corps moyens selon les standards des applis. Certains des gens les plus malheureux dans n'importe quel gym ressemblent exactement à ce que la culture leur dicte.
Ton apparence ne détermine pas si tu mérites du bon sexe, de l'attention, de l'amour ou un sentiment d'appartenance. Le savoir et le ressentir sont deux choses différentes — et combler cet écart, c'est à ça que servent une communauté honnête, l'expérience vécue et parfois la thérapie.
Ce qui aide
Élimine ce qui aggrave la situation. Si tu finis de scroller en te sentant plus mal qu'avant d'ouvrir l'appli, ce fil d'actualité travaille contre toi. Désabonne-toi, mets en sourdine, supprime. Ce n'est pas neutre.
Crée d'autres sources d'estime de soi. Ce que tu fais, comment tu es là pour les autres, ce que tu as construit — tout ça tient mieux la route que l'apparence et ça ne se démode pas.
Trouve des gens qui sont passés par là. Pas des influenceurs qui jouent la positivité corporelle. De vraies personnes dans ta vie qui ont traversé ça et qui s'en sont sorties. Cette conversation vaut plus que la plupart.
Parles-en à quelqu'un si ça prend le dessus. Si les problèmes liés à ton corps te bouffent une partie de ta journée ou t'empêchent de faire des choses, c'est au-delà de « t'en vouloir à toi-même ». Un thérapeute qui travaille avec les hommes gays et bis vaut la peine d'être trouvé.
Les troubles alimentaires et l'exercice compulsif chez les hommes sont massivement sous-diagnostiqués — le domaine s'est historiquement concentré sur les femmes. Si tu fais des choses avec la nourriture ou l'exercice qui te font du mal, c'est réel, peu importe ton genre. La plupart des pays ont des services de soutien pour les troubles alimentaires qui acceptent les hommes — cherches-en un près de chez toi, ou demandes à ton médecin généraliste ou à ta clinique de santé sexuelle de t'orienter vers le bon endroit.
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