Ce qui t'es arrivé n'est pas de ta faute. Peu importe ce que tu faisais, ce que tu portais, ce que tu prenais ou qui tu étais. Rien de tout cela ne change ce qui t'a été fait.
Étape 1 : Se mettre en sécurité
- Quitte la situation si tu le peux.
- Rends-toi chez un ami de confiance, dans un lieu public ou chez toi — partout où tu te sens le plus en sécurité.
- Si tu es en danger immédiat, appelle les services d'urgence (112 / 999 / 911).
Étape 2 : Préserver les preuves (si tu le peux)
Tu N'ES PAS obligé de signaler. Mais garder les options ouvertes ne coûte rien.
- Ne te douche pas, ne prends pas de bain et ne te laves pas (aussi difficile que cela puisse être).
- Ne change pas de vêtements. Si tu l'as déjà fait, mets les vêtements que tu portais dans un sac en papier (pas en plastique).
- Ne te brosse pas les dents et ne te rinces pas la bouche (en cas de contact oral).
- Fais des captures d'écran de tous les messages de la personne — SMS, messages d'applications, partage de localisation.
- Note ce dont tu te souviens tant que c'est frais : l'heure, le lieu, ce qui s'est passé, les descriptions.
Tu pourras décider plus tard quoi faire de ces preuves. Les préserver maintenant te permet de garder tes choix ouverts.
Étape 3 : Soins médicaux — Rendez-vous dans les 72 heures
Rends-toi aux urgences, dans un centre de santé sexuelle ou dans un centre d'aide aux victimes de viol. Dis : "J'ai besoin d'être examinée après une agression sexuelle."
Ils te proposeront :
- La PPE pour le VIH — Doit être initiée dans les 72 heures. Idéalement dans les 4 heures. (Voir : Urgence : Exposition possible au VIH)
- Le dépistage et le traitement préventif des IST — Y compris la chlamydia, la gonorrhée, la syphilis, l'hépatite B.
- La vaccination contre l'hépatite B (si tu n'es pas déjà vacciné(e)).
- La contraception d'urgence (si pertinent).
- Un examen médico-légal (souvent appelé « trousse de viol » ou ESAS—Examen Médico-légal d'Agression Sexuelle). Tu peux consentir à l'examen pour conserver les preuves et décider plus tard de signaler l'agression.
- L'évaluation et le traitement des blessures.
Tu as le droit de :
- Être accompagné(e) par une personne de soutien.
- Refuser toute partie de l'examen.
- Poser des questions sur tout ce qui est fait.
Étape 4 : Déposer plainte (Ton choix)
Déposer plainte est entièrement ta décision. Il n'y a pas de mauvaise réponse.
- Si tu souhaites déposer plainte : Va à la police ou demande à l'hôpital de t'aider à déposer une plainte. Avoir des preuves de l'étape 2 aide, mais une plainte peut être déposée sans elles.
- Si tu n'es pas encore sûr(e) : Dans la plupart des endroits, tu peux subir un examen médico-légal et faire stocker les preuves sans déposer de plainte immédiatement. Renseigne-toi auprès de l'hôpital sur cette option.
- Si tu ne souhaites pas déposer plainte : C'est tout à fait valide. Ta guérison ne dépend pas du système judiciaire.
Étape 5 : Soutien
Tu n'as pas à traverser cela seul(e).
- Lignes d'écoute d'urgence : Recherche la ligne d'écoute pour les victimes d'agression sexuelle de ton pays. Beaucoup fonctionnent 24h/24 et 7j/7 avec des conseillers formés.
- Soutien spécifique aux personnes LGBTQ+ : De nombreux services généraux sont désormais inclusifs, mais si tu as besoin d'un espace spécifique queer, recherche un soutien pour les victimes LGBTQ+ dans ta région.
- Parles-en à une personne de confiance. Un ami, un membre de ta famille, un thérapeute — toute personne avec qui tu te sens en sécurité.
Réactions normales après une agression
- Se sentir engourdi(e), en colère, honteux(se), confus(e), ou rien du tout.
- Te blâmer (c'est une réaction traumatique — ce n'est pas la vérité).
- Ne pas se souvenir de tout clairement.
- Ne pas vouloir être touché(e), ou inversement, vouloir un réconfort physique.
- Difficulté à dormir, à manger ou à se concentrer.
- Avoir l'impression que tu aurais dû te défendre ou fuir. Le fait que ton corps se fige est un mécanisme automatique de survie biologique visant à minimiser les dommages physiques. Ce n'est pas un consentement, et ce n'est pas un échec.
Toutes ces réactions sont normales. Aucune d'entre elles n'est permanente.
Pour les amis qui soutiennent une victime
- Croyez-la/le. Point final.
- Ne posez pas de questions "pourquoi" (pourquoi étais-tu là, pourquoi ne t'es-tu pas défendu). Demandez "de quoi as-tu besoin ?".
- Ne la/le poussez pas à déposer plainte ou à prendre des décisions avant qu'elle/il ne soit prêt(e).
- Offrez une aide pratique : Accompagnez-la/le à l'hôpital, aidez-la/le à rentrer chez elle/lui, restez avec elle/lui.
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